Je suis parfois aussi de ce côté-ci ou de ce côté-là...


Qu"est-ce qu"il se passe ici ?


C'est le récit très (trop ?) détaillé et pas encore terminé de mon voyage en Asie (Vietnam, Laos, Chine) durant l'été 2006.

Je suis partie seule, j'ai rejoint un chantier de jeunesse international (Hanoï, Vietnam), puis retrouvé des amis (Anand et Yacine, au Laos, puis en Chine), et fait de nouvelles rencontres : Laura l'Anglaise, Richard le Néerlandais, Nicolas le Français, John l'Américano-coréen, Yang le Chinois d'Hanoï, Aileen & Allan de Hong Kong, Cyril encore un Français, Guy un autre Anglais, Michael de Shanghaï et enfin Antonin mon cousin (Xiamen, Chine).
Sans compter tous ces gens accueillants, souriants voire déconcertants, et aussi quelques touristes imbéciles, irrespectueux des gens d'ici et de l'environnement, hum.

Tu as le droit de ne regarder que les photos, pas d'interro à la fin : le texte est plutôt un mémo personnel...
Et si tu veux me demander quelque chose, écris-moi ici :

la.greluche@gmail.com

je serais ravie de te répondre.

Bonne balade :)

19 septembre 2006

J+60 Vers Pékin

On devrait se lever tôt, mais je suis fatiguée, allez, debout à 8h, ça ira.
On fait nos sacs et on part faire encore quelques visites histoire de rentabiliser le ticket groupé - et de voir de chouettes endroits, mais avant, arrêt à la Poste, j'ai des cartes postales à envoyer, je voudrais juste les timbres, je n'ai pas les adresses complètes, je verrai ça plus tard.
L'employé n'est pas d'accord, apparemment, en Chine, on ne vend pas de timbres, c'est l'affranchissement direct.
Mon oeil.
Il est buté, je sais que Yacine m'attend dehors (en plus, il était d'humeur taciturne, j'ai pas intérêt à faire ou à dire quoi que ce soit de travers), ça me stresse, ça m'énerve, si c'est comme ça, je sors.

On est bien avancés, et on va à la Banque Rishengchang, fondée par Monsieur Lei Lütai dont on a visité la maison la veille, pas mal mais la mise en scène et les commentaires frôlent parfois le ridicule, "c'est pas formidable", 'faut pas exagérer !
Un groupe vient d'arriver, heureusement, on vient juste de terminer, on file maintenant au Temple de Confucius.

Essentiellement fréquenté par des photographes amateurs ou pas, équipés de matériel professionnel, prêts à dégainer leur arme à chaque instant.


Il est beau, le temple de Confucius, hein ?
Ah, ça vous intéresse pas ?
Ici, c'est d'abord un endroit d'exposition de photos, depuis qu'en 2003, Pingyao est devenue la capitale chinoise de la photographie. Et le Guide du Routard me souffle après-coup que chaque année est organisée une fête de la photo, aux alentours du 15 septembre.
Ce qu'ils veulent, les photographes, c'est du sujet pris sur le vif, de la greluche qui descend les escaliers, du Yacine qui apparaît dans l'embrasure d'une porte, voire du collègue en train de photographier une photo exposée...
Ca va cinq minutes, mais au bout de trois quarts d'heure, je commence à développer des stratégies d'évitement. Là, je sais qu'il y en a un qui me guette, je vais faire le tour. Là, j't'ai vu, toi ! Tiens, je vais bailler, ça fera une belle photo.


Reste que le temple datant de 1000-1300 (j'ai pas plus précis, désolée) est assez bien conservé, la visite est presque agréable.


Ensuite, on va juste à côté, dans le temple taoïste Qingxuguan, plus richement décoré, et aussi beaucoup plus fréquenté, des p'tits drapeaux colorés sont levés un peu partout,


suivis d'un essaim de touristes chinois à l'affût de la moindre statue devant laquelle poser. Ah, des p'tits Blancs, ça fait bien aussi en photo... c'est pas vrai, il y a des snipers partout !
Yacine et moi, ça commence à nous énerver, surtout que quand on leur fait un sourire qui veut dire "Vu !", ils regardent ailleurs, font comme si de rien n'était, de vrais gamins.


Il est temps de rentrer, en route, Yacine achète une pâtisserie - en fait, non, c'est salé -,


et va voir quelques statues en vente tandis que je rentre pour avoir le temps d'écrire les adresses sur mes enveloppes...

On part en direction de la gare routière, arrêt à la Poste, la balance ne fonctionne pas, allez allez, on se débrouille madame !
Pendant ce temps, Yacine est resté dehors, et une maman tient absolument à être prise en photo à côté de lui, avec son bébé. Mais Bébé a peur, Yacine s'en étonne - je sais pas moi, c'est la barbe ?
Allez, moi aussi je suis de la partie, et on file, hein, on a un bus pour Pékin à trouver.

Si on y allait en tuk-tuk ?
Non, Yacine me dit que c'est juste là, pas devant la gare comme je le croyais.
Où ?
Aujourd'hui, je suis sourde, je n'entends rien des trois mots qu'il me dit, je n'ose pas le faire répéter une nouvelle fois, tant pis.
Mais je commence à fatiguer.
On arrive à la gare, les bus sont là, ouf.
On monte, il reste deux places tout au fond, le bus est plein, c'est parti.

La voisine de Yacine fait une drôle de tête, d'après ses gestes, elle trouve qu'il ne sent pas bon (peut-être parce que comme il me l'a dit, il ne voit pas l'intérêt d'utiliser du déodorant), elle est discrète, le hurle à travers le bus, l'hôtesse arrive, c'est possible de s'asseoir ailleurs ? Oui, sur ce minuscule tabouret en bois. Oh bah non alors. Et son autre voisin lui propose gentiment de changer de place.

Le film commence, je rêvasse, des paysages d'habitations troglodytes défilent, je sors mon ordi pour taper quelques pages de blog, j'écoute de la musique, la vie est belle :)
Et si la dame de tout à l'heure parle trop fort au téléphone (c'est une business woman, elle a les lunettes rectangulaires assorties à sa chemise cintrée rouge et noire), ça m'est égal, peace & love les gens.

Vers 21h, terminus, on ne sait pas où on est au juste, mais les chauffeurs de taxi pleuvent. Bon, on ne va pas s'enquiquiner à chercher un bus urbain, prenons un taxi avec taximeter, ça ira bien.
Euh, monsieur, c'est pas ça le chemin le plus court, par là, d'accord, c'est plus rapide, mais c'est trois fois plus long (et cher !), ouh la la, ça va pas du tout !
Il ne comprend rien, et ça doit bien l'arranger.
80 yuans, ça commence à suffire, en plus il ne sait pas exactement où se trouve notre auberge de jeunesse il s'arrête tout le temps pour aller demander à ses collègues.
Allez, stop, arrête-toi, on prend nos sacs, on va marcher, on a un plan, nous.

On marche,

on marche.

J'ai peut-être pas eu une très bonne idée, elle est difficile à trouver cette auberge de jeunesse !
"Ici" nous disent deux serveurs, "Je sais pas" nous répond la gardienne de l'entrée du stade.
D'après le Routard, ça doit être par là. Non, Yacine n'est pas d'accord, chacun fait sa tête de mule et part dans SA direction. Je trouve que ça devrait être là, mais il y a des travaux - JO de 2008 obligent. Il fait nuit noire, pfff.
Yacine m'appelle, là-bas, et un jeune homme me demande si j'ai besoin d'aide. Oh oui, merci, voilà, je cherche cette auberge de jeunesse.
"Ho capito...
- Sei Italiano ?
- Si si
- Sono Francese :)"
Bon, Yacine s'impatiente là-bas, et mon ami me dit qu'il y a bien une AJ ici, mais elle est fermée pendant les travaux.
Avec sa copine, Chinoise, ils nous expliquent où aller dormir pour pas cher, près d'ici. L'endroit est indiqué dans le Routard, allons-y.

On ne peut pas dire que l'ambiance soit très détendue : Yacine ne dit rien mais n'en pense pas moins, et moi, je suis à fleur de peau, une remarque et je pique.
Je pique.
Merde ! (pardon).
Comme si son but, c'était d'arriver le plus vite possible dans un hotel pas cher, et que le mien, c'était de déjouer ses plans en le faisant marcher un maximum vers n'importe où sauf à destination... (et je la ramène encore : j'avais raison pour la direction vers l'emplacement de feu l'AJ).
Je prends mes distances sinon je vais devenir cassante, ce sera pire, et j'attends que Yacine trouve notre hotel dans cette ruelle.
Il revient bredouille, repart, j'y vais aussi, je demande mon chemin à trois personnes, c'est là, j'arrive, Yacine n'est pas là, mince. Tant pis. Je demande s'il y a des chambres doubles de disponibles, et combien est-ce avec les sanitaires communs ? Yacine arrive, c'est trop cher.
On parvient à négocier un rabais vu qu'on reste quatre nuits (euh je croyais que - comme Anand - tu voulais aller dormir sur la Grande Muraille = une nuit d'hotel en moins ?).
Non, je me tais, ça vaut mieux
Yacine veut moins cher encore, la réceptionniste est vexée, allez, on se calme, on est à Pékin, c'est normal que les prix soient élévés, non ?

J'active un peu le mouvement, on monte, on s'installe, ambiance j'essaie-d'être-sympa-mais-qu'est-ce que tu m'énerves !
Chuuut.

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