On paie, on monte, et Yacine redescend, non, ce n'est pas normal, on devrait payer moins d'après le Routard. Il a la force d'aller en discuter, un Chinois propose son aide, ou plutôt sa résignation : bah oui, quoi, on occupe les places de personnes qui pourraient aller jusqu'à Chengde, et qui paieraient ce prix. D'accord, merci.
Tant pis, on ne va pas gaspiller notre énergie pour ça, on paie deux fois plus cher mais ça reste pas très cher. Deux Israëliens viennent se renseigner à leur tour, non, eux, ils veulent trouver le bus le moins cher. Bon courage !
9h, c'est parti, le bus est presque rempli.
9h10, on s'arrête : le chauffeur veut faire le plein de passagers (et d'argent), il reste encore des strapontins de libres. Sur le trottoir, des gens semblent attendre un bus ou un autre, il va les prévenir, allez, qui monte ?
Une demi-heure plus tard, le bus est enfin archi-plein, j'ai réussi à ne pas (trop) m'impatienter, Yacine aussi... mais franchement, payer autant pour un tel service minimum, c'est un peu fort.
Oui, parce que nous, on veut aller gambader sur la Grande Muraille, et pour ne pas être pris dans le flot de milliers de touristes, on a choisi de se rendre à un tronçon plus éloigné de Pékin, en partie restauré, une promenade-randonnée d'environ quatre heures. Il faut prévoir 2h30-3h pour y aller, autant pour revenir, alors il ne faudrait pas tarder...
Le bus nous dépose au bord de la route (tiens, ça me rappelle quelques chose), on n'a pas de mal à trouver un taxi pour faire quelques kilomètres jusqu'à l'entrée du site , par contre, on n'arrive pas à se mettre d'accord sur un bon prix pour qu'il nous attende à la sortie et nous emmène au bus de retour. Non, 60 yuans, pas assez pour lui. Bon. Dans ma joie d'être arrivée, et ma bêtise habituelle, je sors après Yacine et je paie - 60 yuans. Le double de ce qu'on avait convenu. Le chauffeur ne dit rien, et je me rends compte de mon embrouille neuronale quelques minutes plus tard.
Yacine le prend super bien, je me suffis à moi-même pour m'en vouloir, quelle idiote vraiment, c'était la peine de marchander !
Le parking est loin d'être plein, c'est bon signe. Evidemment, on ne prend pas le téléphérique qui nous déposerait du côté du tronçon droit, non, on marche un petit quart d'heure

et on prend à gauche pour rallier Jingshanling : une dizaine de kilomètres de montagnes russes, monter, descendre le long de la muraille, tantôt de beaux escaliers, tantôt des ruines qu'il vaut mieux contourner par un petit sentier,

et les collines qui s'étendent à perte de vue.

Yacine fait tout de même un rapide aller-retour jusqu'à la première tour de droite, pour le plaisir de monter la pente..., et pour corser l'exercice, depuis la première tour de gauche, j'indique à Yacine un chemin de traverse qui lui évitera de payer les 5 yuans du pont suspendu, comme j'ai vu faire les deux filles qui sont à côté de moi. Un vrai défi, tout ce qu'il aime... on ne sait toujours pas comment les filles sont arrivées là fraîches et pimpantes : au programme il y avait traversée d'un petit ruisseau et escalade.
étirement des cervicales droites
On a de la chance,il fait un temps splendide, pas un nuage à l'horizon, ni trop chaud, ni trop frais.

En chemin, on croise pas mal de marcheurs, Américains, Allemands, français, et des Chinois aussi, mais en groupe évidemment : ils s'arrêtent dans les tours de garde régulièrement postées tout au long du mur, y organisent des jeux, des défis acrobatiques dignes d'Intervilles, et prennent des photos du barbu hurluberlu qui m'accompagne ;).

Quatre heures, c'est compté large, on a le temps de s'arrêter, de discuter avec le couple d'Israëliens aperçu ce matin, de contempler le paysage, sans oublier de lire les petits panneaux "explicatifs", dans un anglais toujours très chinois...

Plaisir supplémentaire : la joie de constater que même sur la Grande Muraille, au milieu de nulle part, il y a des Chinois capables de se disputer, chinoisement : des cris, des grands gestes, de préférence dans une tour : ça résonne, on en fait profiter à des dizaines de mètres à la ronde.
et la réponse est... il n'en manque plus que 18 pour sortir un 33 tours
Puis on redescend vers la route, petite marche, on demande un taxi alors que la Police est en pleins préparatifs d'une grande fête ce soir (essais de la sono, non non, je ne croit pas qu'on puisse mettre plus fort, on se croirait à une rave-party).
Le taxi, bien payé, nous laisse au bord de la route où il "suffit" d'attendre et de faire signe de s'arrêter à un bus à destination de Pékin.
Les gens de la buvette s'approchent et se chargent de la manoeuvre, par contre, non, on ne paiera pas le billet aussi cher que demandé, légèrement gonflé par une commission exorbitante... Surtout vu le strapontin au dossier défoncé qui n'attend que moi.
La nuit tombe, ça roule plutôt bien, et vers 20h, on nous demande où est-ce qu'on va exactement. Manifestement, le terminus n'est pas la gare routière de départ de ce matin, on nous laisse au bord d'un des périphériques de Pékin, un bras tendu dans une direction "C'est vers là-bas".
D'accord, heureusement que j'ai un plan de la ville (en chinois, d'accord, mais on va y arriver). Yacine est au ralenti, je n'ai pas envie de ralentir (on a changé à un bon rythme toute la journée, pourquoi changer d'allure si près du but ?), et un peu de distance ne nous fait pas de mal. Je veille juste à ce qu'il prenne bien le chemin que je lui indique, et à ce qu'il ne tombe pas d'inanition : non, à part le petit déj', il n'a rien avalé de la journée (ah si, de l'eau).
Après une bonne petite trotte, on arrive enfin, chacun vaque à ses occupations.
Je prends une douche et vais m'installer dans mon nouveau QG, même si ce café n'est pas franchement l'endroit idéal : fréquenté par pas mal de Français expatriés, une tendance à en rajouter dans leur façon de parler (fort, des propos exagérés, presque caricaturaux), de se comporter (se faire remarquer), simplement de ne pas se mélanger... que j'ai déjà constatée (ici, lors de ce voyage, et au Burkina), et que je n'apprécie pas tellement. J'aimerais vivre à l'étranger, pourquoi pas, mais j'espère ne jamais me retrouver dans ce genre de cercle fermé frôlant le ridicule - à mes yeux très critiques, certes.
Soirée de repos, donc.
Et Lariam.

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